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Déstabilisation - Certainement déçue de ce que ses faire-valoir n’ont pu, jusqu’à présent, renverser le régime Gbagbo, la France a sorti la grosse intelligence pour frapper. Lisons ces confidences de ce légionnaire Licorne qui a souhaité garder l’anonymat. «Le rapport des forces en Côte d’Ivoire n’est pas celui qu’on essaye de vous suggérer et les actes de violence ne sont pas le monopole d’un seul groupe, d’une seule communauté ou d’un seul système. Chacun peut revendiquer des hommes, des armes, des partisans et des appuis. La Communauté internationale, si elle le souhaite, peut encore intervenir pour obtenir le départ de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir, faute de quoi, elle constatera ce que nous avons toujours voulu éviter à la Côte d’Ivoire». Mathias Doué ne croit pas si bien dire lorsqu’il conclue sa lettre subversive d’hier par ces propos très significatifs. En réalité, Doué sait qu’il n’est plus suivi. Par contre, il peut compter sur «des hommes, des armes, des partisans et des appuis» tapis dans l’ombre et qui attendent de frapper. C’est en cela qu’il faut prendre très au sérieux les révélations que T.Y. – appelons-le ainsi - légionnaire français de la Licorne, ne cesse de nous faire depuis deux jours : «La force Licorne prépare une attaque d’envergure sur Abidjan. Cette attaque aura lieu incessamment. Et croyez-moi, si rien n’est fait pour le contrecarrer, le pouvoir en place ne s’en sortira pas». Passée la première frayeur, le soldat légionnaire se met véritablement à table : «C’est le fruit d’un plan ficelé depuis plusieurs mois. Nos supérieurs qui savent que tous leurs coups tordus ont échoué préparent un coup fatal. Depuis plusieurs semaines déjà, des treillis des FANCI, anciens comme nouveaux, ont été convoyés au 43è BIMA. Des armes d’assaut sont venues de France. Des unités spéciales s’entraînent. Elles sont composées essentiellement de plusieurs centaines de légionnaires de race noire. Ce sont eux qui vont attaquer Abidjan et renverser, sinon tuer Laurent Gbagbo». Et à ce légionnaire de donner quelques lignes de ce plan funeste : «Une fois qu’ils seront en treillis FANCI, l’on fera croire que ce sont des soldats de la rébellion qui ont infiltré Abidjan qui se battent contre les soldats loyalistes. Ainsi, le coup aura pris. Nul ne viendra s’interposer au cœur de cette affaire ivoiro-ivoirienne. La supériorité technologique militaire étant de notre côté, nous aurons balayé Abidjan avant le levé du soleil et ce sera fait pour Gbagbo. Voilà le dernier coup de la France». Ce n’est donc pas un hasard si des anciens officiers supérieurs des FANCI se donnent en ce moment en spectacle dans les journaux, pour donner force à cette initiative funeste de la Licorne, le coup, pour eux et la France, restant jouable. En tout état de cause, la Côte d’Ivoire, à travers Laurent Gbagbo et Philippe Mangou, ont été saisis depuis hier. L’affaire est à prendre très au sérieux, vu son caractère vicieux et démoniaque. Depuis trois jours déjà, des signes évidents nous illuminent. Le domicile de Mme Djibo Martine a essuyé des tirs à l’arme lourde. Depuis deux jours, Anoï Castro, le plus Pedecéiste des jeunes patriotes, est poursuivi par une horde de tueurs. Ils ont même visité les alentours de son domicile pour voir comment avoir sa peau. L’intéressé qui soutient avoir fait l’objet de menaces de mort de la part du sieur Djédjé Bagnon Joachim à l’occasion de la cérémonie officielle d’intronisation du directeur de campagne pour Ouragahio du candidat Laurent Gbagbo, a porté plainte contre M. Bagnon. Mis l’un dans l’autre, la France et ses ouailles en veulent vraiment à la Côte d’Ivoire. Benjamin Silué |